Interview du Sénateur Bertrand Auban : « la fin d’une anomalie démocratique »

Publié le par Socialistes fonsorbais

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Date historique dans l’histoire de la cinquième République. Ce 25 septembre 2011, le Sénat, bastion de la droite réputé inexpugnable, vient de hisser un pavillon aux teintes plus rosées. « Un tsunami », selon Bertrand Auban, sénateur socialiste de Haute-Garonne et « ami » proche de Jean-Pierre Bel, le probable futur président de la chambre haute du parlement français.

 

La droite admet une forte poussée de la gauche, mais l’actuel président Gérard Larcher a décidé de poser sa candidature à sa propre succession. Peut-on alors déjà parler de victoire ?

« Oui c’est évident, la gauche a gagné ce soir car nous sommes majoritaires. Avec 24 voix d’avance et probablement un ou deux sièges de plus avec la Martinique et la Guadeloupe, on ne peut que parler de victoire. C’est une progression colossale. La chute du Sénat n’a rien d’une anedocte. C’est un signe très fort qui annonce de bonnes choses pour mars prochain. »

 

Quel est votre sentiment face à ce basculement de majorité ?

« Lorsque je suis entré au Sénat il y a douze ans, la gauche possédait un peu moins d’un tiers des sièges. Ce qui se passe ce soir est historique. Le Sénat, ce n’est pas l’Assemblée Nationale, il n’y a pas de vagues dictées par tel ou tel basculement de l’opinion. Le rythme est beaucoup plus lent. On nous prédisait une progression de quelques sièges mais là, on peut vraiment parler de tsunami.

Sur le fond, souvenons-nous que Lionel Jospin avait qualifié le Sénat « d’anomalie démocratique ». La haute assemblée représente désormais la réalité des territoires et ce résultat va faire revivre la démocratie. »

 

 

Si un autre que Jean-Pierre Bel devait être élu, ce serait un hold-up démocratique

 

L’élection du président, ce qu’on appelle le troisième tour du Sénat, aura lieu samedi prochain. La victoire est-elle assurée pour Jean-Pierre Bel ?

« Nous avons la majorité et la démocratie doit s’exercer. Or tous les résultats ne sont pas encore connus et on voit déjà se dessiner ce soir (hier ndlr) des manœuvres fallacieuses et amorales pour débaucher des élus sans étiquettes ou rattachés au groupe RDSE (Rassemblement démocratique et social européen). La plupart sont nos amis des radicaux de gauche. La droite est donc prête à tout pour conserver le Sénat. Elle pense que cette chambre lui appartient de droit. Ces manœuvres illustrent le traumatisme que la majorité gouvernementale est en train de vivre. Si un autre que Jean-Pierre Bel devait être élu, ce serait un hold-up démocratique. »

 

Comment expliquez-vous ce recul de la droite ?

« Depuis 2007, nous avons progressé dans toutes les élections locales dont sont issus les grands électeurs. D’autre part, c’est un véritable rejet de la politique de Sarkozy, au sein même de son propre camp. L’exemple de Pierre Charon est là pour rappeler que l’Elysée ne commande plus l’intégralité de ses troupes. Enfin, rappelons que le Sénat représente les collectivités locales. Les nouvelles lois les concernant, notamment à propos de la fiscalité, ont été généralement très mal reçues. Même les collectivités régies par la droite ne se reconnaissent plus dans la majorité. Ce soir, on assiste à un vrai rejet. »

 

Vous êtes un proche de Jean-Pierre Bel. Quelle est sa réaction ?

« C’est un ami proche. Il sera dans quelques jours le second personnage de l’Etat et s’est préparé à cette tâche. Et même s’il est plus jeune que les présidents traditionnellement désignés au Sénat, il n’en est que meilleur. »

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Publié dans Lu dans la presse

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