Edito du 21 octobre 2010: Rétablir la vérité pour permettre le rêve républicain
On ne saurait quels termes employer pour évoquer l’état d’esprit des militants socialistes ces derniers jours. D’usage dans le fief des blogueurs politiques, il serait convenu d’élever au cœur d’un nuage de tags des mots comme retraite, colère, Sénat, Woerth, revendications, projet socialiste, Hollande, DSK, Martine Aubry. Mais le monde de la rationalisation et de la statistique demeure impitoyable : si demain vous voulez avoir l’assurance de voir votre espace d’expression référencé sur la toile, boosté par les moteurs de recherche, vous n’aurez pas d’autre choix que de citer le nom magique : Sarko ! Et bien oui, si il y a fort à parier que notre Président ne laissera pas grande trace dans les livres d’histoire de nos petits enfants, « karchérisé » des programmes scolaires demain espérons le plus humanistes, la sombre copie napoléonienne aura pyrogravé son patronyme sur toutes les plateformes du net !
Communiquer aujourd’hui pour un socialiste qui se veut moderne, ne serait-ce donc pas parler de nous, de nos idées, de nos envies de voir un monde meilleur, empreint de justice sociale ? Est-ce une honte que de vouloir s’adresser à un jeune public afin de vouloir vulgariser la chose publique ? Allons nous encore longtemps crisper nos sourires par la gène de notre emblème, une rose étranglée par la main puissante de la société des médias. Le poing et la rose sont aujourd’hui assimilés à une marque de godillots à la solde d’éléphants et de lionceaux ! Crions que les idées fusent au parti socialiste, qu’aujourd’hui les camarades travaillent d’arrache pied comme il est de tradition dans la culture socialiste. Laisser dire du mal de ce parti, qui demeure le seul rempart indéfectible édifié pour défendre l’Homme et le progrès au travers du prisme de l’éducation et de la justice, est une bien grave erreur politique. Et cela devient une aberration intellectuelle dès lors que ces paroles proviennent de notables qui ont su tirer leur propre parti à des fins personnelles de notre entité, une attitude totalement incompatible avec l’engagement initial d’un socialiste. Nous sommes par conséquents tous coupables de ne pas dénoncer avec véhémence ces débordements afin de chasser ces professionnels de la politique qui au sortir de brillantes études ont fait le choix souvent par opportunisme de combler des vides que des militants complexés leur ont offert par défaut de candidats. Car demain, nous n’aurons plus qu’à sortir nos chiffons rouges pour nous cacher la face mis en demeure du chef d’accusation qui nous pend au nez : non assistance à socialisme en danger !
Seuls des militants actifs et décomplexés permettront demain à la Gauche de renverser le régime violent actuel. Attendre un messie, garantirait la seule assurance de dérouler le tapis rouge à une machine politique cynique et froide. Un Président de la France doit avant tout aimer la France et les Français ! Comme un Maire doit aimer sa commune et ses habitants ! L’amour du territoire, des femmes et des hommes qui le composent au travers de leur culture, de leurs conditions sociales et sociologiques, mais aussi de leur envie de participer à élaborer leur propre société, voilà le sentiment qui doit animer nos candidats à chaque élection. C’est bien entendu faire fi du genre humain, de l’extraordinaire transformateur que représentent le pouvoir et la notoriété, sans occulter l’ombre de la finance, dès lors que nous admettons sans hypocrisie aucune qu’une campagne encore aujourd’hui ne se finance pas sans mécènes. Ces éléments décrédibilisent notre engagement et c’est fort dommage. Notre programme et nos choix de représentants de demain, auront comme impératif d’être orientés en direction de l’honnêteté intellectuelle, une alchimie mariant rêve républicain et réalisme économique et sociologique…
Le Secrétaire
Jérôme BUISSON