Contrats Airbus en Inde : l’incroyable bourde de Sarkozy
Nicolas Sarkozy s’est à nouveau illustré par une énorme bourde en Inde, où il accompagnait le premier mannequin de France en visite officielle (on a effectivement bien vu que les médias se fichaient royalement du président français et collaient aux pas de Carla pour alimenter la boulimie des consommateurs de potins mondains, ce qui donne une idée du poids de l’Hexagone aujourd’hui à l’étranger…). Sarkozy était pourtant accompagné – aussi – par l’habituel aréopage des barons de l’industrie française de tous ses voyages hors des frontières. On a certes signé quelques gros contrats pour la photo, comme d’habitude, pour justifier le couteux déplacement et tenter encore et encore de faire croire que le chef de l’Etat a décroché des marchés par sa seule présence. Mais on va voir ce qu’il en est réellement à la lumière du gros couac rapporté par Arnaud Leparmentier, journaliste du Monde (1).
Ce dernier raconte qu’en fin d’après-midi, dans un salon de l’ambassade de France à New Delhi, le président d’EADS, la maison mère d’Airbus, piqua une colère noire en découvrant le communiqué diffusé par l’entourage de Sarkozy annonçant la location de quatre Airbus A 380 par Air India et dix A 380 par Jet Airways. Louis Gallois, un homme connu pour son sang-froid, s’exclama « Mais les chiffres sont faux! ». Et d’ajouter : « L’annonce intempestive par l’Elysée de contrats non signés gène EADS ». Rien que ça! Le big boss se tourna alors vers ses collaborateurs chargés des négociations avec les compagnies indiennes afin de rectifier ces fausses informations auprès du journaliste qui, lui, a fait ce que les gens de la cellule élyséenne auraient dû faire : vérifier à la source. Non seulement les chiffres étaient faux - en réalité Air India souhaite acquérir en leasing dix A380 et quinze A320 - mais plus ahurissant encore, on apprend de Louis Gallois que l’offre venait tout juste d’être donnée au client! Quant au contrat avec Jet Airways, il n’était pas encore signé, les négociations n’étant alors qu’au stade final!
Autrement dit, la légèreté de l’Elysée venait de mettre en péril des mois de pourparlers techniques et financiers entre les équipes d’Airbus et les compagnies, face à la redoutable concurrence américaine notamment. Les commerciaux de l’avionneur européen évoluent sur le fil d’un rasoir en permanence et le moindre petit faux pas peut tout faire capoter. Si en plus ils doivent compter avec l’incompétence de la sphère présidentielle…
On comprend la colère de Louis Gallois dont les propos n’ont pas été démentis. Et voilà par qui la France est gouvernée !
A.B.
(1) Arnaud Leparmentier a rapporté l’incident sur son blog « L’Elysée côté jardin ».