Comparer les candidats sur leur position sur la Mondialisation

Publié le par Socialistes fonsorbais

Les six candidats aux primaires socialistes estiment que la crise économique a mis en lumière les dérives de la mondialisation. Accroissement des inégalités, menace sur l’emploi via  les délocalisations, dumping social, dégâts sur l’environnement ou encore affaiblissement des Etats au profit des multinationales sont autant de reproches qui lui sont adressés.

La maîtrise de la mondialisation est donc au cœur de leurs projets.  Tous estiment que la régulation est nécessaire. Elle passera par un plus grand rôle de l’Europe et une meilleure intégration des politiques économiques.

 

Discours

Arnaud Montebourg se distingue du PS et des autres candidats sur cette question en prônant une révolution du modèle économique avec une « démondialisation » et davantage de protectionnisme. Il s’agit pour lui d’un « processus politique pour reterritorialiser l’économie en rapprochant les lieux de consommation et de production ».

Si Martine Aubry affirme son ambition de changer de système et Ségolène Royal sur la nécessité d’une volonté politique forte pour le réguler, François Hollande et Manuel Valls reconnaissent explicitement « les aspects positifs », sans désavouer l’ambition d’un « juste échange » affichée par le PS.  Le maire d’Evry va jusqu’à juger l’idée d’une démondialisation « réactionnaire ».

 

Compétitivité

Pour Martine Aubry, Jean-Michel Baylet, François Hollande, Ségolène Royal et Manuel Valls, le meilleur moyen de lutter contre les effets néfastes de la mondialisation est de rendre la France plus compétitive. Pour ce faire, le président de Corrèze propose « un pacte productif » ; Ségolène Royale insiste sur le développement des PME ; Manuel Valls souhaite plutôt « déverrouiller » les 35 heures et instaurer une TVA sociale.

Arnaud Montebourg, s’il ne fait pas de la politique de compétitivité le cœur de son projet face aux défis de l’économie mondiale, propose de la mettre en œuvre au niveau européen et particulièrement franco-allemand.

 

Protectionnisme

Pour corriger les excès de la mondialisation, le Parti socialiste propose la voie du juste échange. Un terme explicitement repris par Martine Aubry qui souhaite la prise en compte du principe de réciprocité. Ségolène Royal parle pour sa part de la mise en place d’une « solution équitable ».

Arnaud Montebourg a une solution plus radicale puisqu’il propose de réintroduire une dose de protectionnisme aux frontières de l’UE. Il suggère de doter l’Union européenne d’une « écosociale-diplomatie ».  L’objectif est de faire intégrer dans les traités de libre-échange de l’OMC de nouvelles conditions non marchandes.

Il milite également pour appliquer des barrières commerciales aux pays qui ne respectent les obligations du protocole de Kyoto contre le réchauffement climatique.  Autre proposition : instaurer par des traités bilatéraux un système de préférences commerciales au bénéficie des pays qui s’adaptent « au mieux et au plus vite aux normes sociales et écologiques internationales ».

Arnaud Montebourg souhaite également que les entreprises cotées en Bourse soient obligées de publier un rapport annuel sur l’impact social et environnemental de leurs activités dans le monde, sous peine de sanctions.

Le candidat va plus loin que le PS qui propose une augmentation des droits de douane pour les produits provenant de pays ne respectant pas les normes internationales en matière sociale, sanitaire ou environnementale (droits de douane modulables ou « écluses »). Il milite pour une taxe carbone européenne à l’intérieur de l’UE mais aussi à l’extérieur. Cette dernière devra permettre de refléter le « juste coût carbone, sanitaire et social » des produits importés.

Il souhaite aussi doter la France d’une procédure anti-dumping et pour adopter une loi nationale sur la responsabilité des dommages environnementaux et sociaux d’entreprises transnationales à l’étranger.

 

Gouvernance économique européenne

Tous les candidats mettent en avant la nécessité d’une plus grande intégration des politiques économiques européennes pour corriger les excès de la mondialisation. Ils souhaitent ainsi une plus grande gouvernance économique européenne.  Manuel Valls évoque à cet égard un ministre de l’Economie pour la zone euro. Privilégiant la coopération bilatérale avec l’Allemagne, Ségolène Royal propose un ministre franco-allemand de l’Economie.

Les candidats aux primaires souhaitent également doter le budget européen de ressources propres. Ils proposent ainsi d’instaurer une taxe européenne sur les transactions financières .Dans la lignée du PS, Martine Aubry et Ségolène Royal propose un taux de de 0,05%. Arnaud Montebourg avance pour sa part un taux de 0,1%.

Le président du PRG se distingue tant sur la taxe sur l’assiette : il propose une taxe de 1% sur les transactions financières sur les dettes souveraines.

 

Divers

Face à la mondialisation et ses effets négatifs contre l’emploi, Ségolène Royal propose en plus d’interdire les licenciements boursiers. Elle se montre en cela plus radicale que le PS qui promet de les dissuader en mettant en place des pénalités financières.

Martine Aubry, dans une optique plus générale, rattache la promotion qu’elle fait de l’éthique du care à une façon de lutter contre la logique productiviste de la mondialisation.

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