Bons et mauvais points de la rentrée 2010-2011

Publié le par ps.fonsorbes.over-blog.fr

4967403704_afdaa1da18.jpg 

  Interview de Thierry Martin-Vauzelle 


Thierry Martin-Vauzelle, notre camarade de section, est très engagé depuis des années dans le combat pour la sauvegarde de l’école publique laïque, notamment par son action au sein de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) dont il a présidé l’association locale jusqu’à récemment.

 


QUESTION : Avec un peu de recul, quel bilan tires-tu de cette rentrée scolaire 2010 dans les établissements de Fonsorbes ?

THIERRY MARTIN-VAUZELLE : D’un point de vue local, le bilan est satisfaisant. Nos trois groupes scolaires ont accueilli 1 550 élèves dans les classes primaires et maternelles de Béouzo, de Cantelauze et du Trépadé. Certaines classes sont chargées, notamment à Cantelauze où l’on n’a pas pu satisfaire toutes les demandes d’inscription, mais dans l’ensemble les capacités d’accueil restent fort convenables. Les locaux de l’école du Trépadé, la plus ancienne, commencent à vieillir et offrent des conditions d’apprentissage un peu dépassées. Il manque une salle pour les activités artistiques à Cantelauze. Mais au total, je considère qu’enfants et enseignants travaillent partout dans de bonnes conditions. En cinq ans de présidence de la FCPE, je n’ai jamais entendu une école se plaindre sur ce plan-là.


Q. : Y a-t-il par contre, selon toi, d’autres problèmes au niveau du primaire et des maternelles ?

T. M.-V. : Le plus gros point noir concerne le périscolaire, l’accueil des élèves en dehors des cours. Avec la hausse des effectifs qui n’est pas compensée par un nombre supérieur d’enseignants, on fait plus de la garderie qu’une œuvre éducative. Si pendant les vacances, il se passe des choses intéressantes, par contre la prise en charge du matin et du soir durant les périodes scolaires laisse un peu à désirer. Il n’existe pas de structures d’accueil pour les enfants de moins de trois ans qui sont de plus en plus nombreux dans la commune. Une commission spéciale mise en place à la mairie étudie cette question dans la concertation avec parents d’élèves et enseignants. La municipalité est très à l’écoute des problèmes scolaires, mais elle ne peut pas tout faire, elle n’est pas responsable de tout. L’accueil des jeunes enfants relève largement d’un débat politique national.


Q. : Vous menez par ailleurs une bataille pour la gratuité des fournitures scolaires. Explique- nous.

T.M.-V. : Il s’agit d’un dossier assez complexe. Les parents sont obligés d’acheter les fournitures scolaires en primaire. Il y a un gros effort à faire du côté de nos écoles. Depuis des années, les lignes fournitures scolaires ne sont plus gérées convenablement. Nous pensons à la FCPE que les écoles ont les moyens d’assurer la gratuité. Il n’est pas normal qu’une seule école sur trois soit capable de chiffrer le coût d’une rentrée, par exemple. Nous avons constaté aussi que les coopératives ont des excédents budgétaires importants en fin d’année : à quoi cela sert-il ?


Q. : Voila pour le primaire et les maternelles. Un mot sur les collèges et le lycée ?

T.M.-V. : Là, on touche aux dossiers noirs de l’Education nationale. Faute de postes suffisants, des centaines de jeunes en Haute-Garonne se retrouvent dehors sans aucun bagage à 16 ans. Une note de l’Education nationale fixe le taux de redoublement à 7%, alors qu’il était auparavant à plus de 20%. A 16 ans, l’âge légal pour une fin de scolarisation, nombre de gamins sont exclus des filières générales et priés d’aller voir ailleurs. Jusque-là, on les réorientait vers des voies professionnelles, mais les capacités d’accueil des lycées professionnels sont limitées, il n’y a pas assez de places pour tout le monde. Bilan: un flot d’adolescents livrés à eux-mêmes face à d’énormes difficultés et à un avenir très incertain. L’Etat ne remplit plus son devoir, il bafoue le concept de fonction publique le plus essentiel.

Publicité

Publié dans Interview

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article