Présidence du Sénat : Jean-Pierre Bel part favori face à Gérard Larcher
Il était le seul candidat, la sénatrice PS Catherine Tasca ayant annoncé mardi matin qu'elle renonçait à se présenter "parce qu'aucune voix ne doit manquer pour la nouvelle majorité". Les sénateurs PS ont également réélu par acclamation Jean-Pierre Bel à la présidence de leur groupe.
Logiquement adoubé par le bureau national du PS, il a indiqué avoir le soutien de tous ses partenaires de la nouvelle majorité sénatoriale, écologistes, communistes et radicaux de gauche. "Le groupe a décidé de voter Jean-Pierre Bel dès le premier tour, pour que la majorité de gauche s'exprime pour le candidat le mieux à même de gagner" a déclaré Nicole Borvo Cohen Seat, réélue présidente du groupe CRC (communiste).
PAS DE POSITION COMMUNE POUR LES CENTRISTES
L'élection du nouveau président du Sénat aura lieu samedi par vote individuel et secret des sénateurs en séance publique. A l'issue des élections sénatoriales de dimanche, La gauche a obtenu 177 sièges sur 348, soit la majorité absolue plus deux voix. Le président sortant UMP, Gérard Larcher, a de son côté été désigné par son groupe et par "acclamation" candidat pour un nouveau mandat. Pour ce vote, "nous n'irons chercher des voix ni dans les officines ni derrière les paravents, nous assumerons jusqu'au bout notre candidature, notre soutien au président Larcher", a déclaré Jean-Claude Gaudin, reconduit également comme président du groupe UMP.
Il s'agit d'une "élection libre et à bulletins secrets" et si "certains voulaient se ressaisir et voter Gérard Larcher", ce ne serait pas lui qui les en "empêcherait", a-t-il dit. Le groupe centriste, également réuni mardi n'a pas pris de position sur la candidature à la présidence, occupé à redéfinir ses nouvelles frontières. Jean Arthuis, président de l'Alliance centriste a répété qu'il considérait la candidature de Larcher comme "une candidature de témoignage" et que "l'opinion ne comprendrait pas que l'on ne tire pas les conséquences du basculement" du palais du Luxembourg.
Paul Vergès démissionnera après avoir voté
Le président du Parti communiste réunionnais Paul Vergès, 86 ans, a annoncé mardi qu'il démissionnerait du Sénat qu'après l'élection du président de la haute assemblée pour ne "pas prendre le risque" de faire perdre une voix à la gauche.
M. Vergès avait annoncé dimanche soir, dans la foulée de son élection, sa démission du Sénat "dès lundi matin" en raison du mauvais score de sa liste qui n'a obtenu qu'un siège au lieu des deux à la suite de la défection d'une partie de ses grands électeurs.
"En cas de démission de ma part, Gélita Hoarau ne peut pas me remplacer pour la première séance. Une voix de moins, ça compte, c'est un risque à ne pas prendre", a dit M. Vergès, sur la chaîne privée Antenne Réunion pour justifier sa décision de ne démissionner qu'après l'élection du président. Mme Hoarau, sénatrice sortante, deuxième de sa liste Vergès, succédera à M. Vergès après sa démission.
"Je serai donc obligé, en tant que doyen, de m'adresser à toute l'assemblée" lors de la séance inaugurale de la nouvelle session prévue samedi. Il est d'usage qu'au cours de cette séance, le doyen de l'assemblée prononce une allocution. "Si je n'y vais pas, c'est M. [Serge] Dassault de l'UMP qui parlera", a dit M. Vergès.
Selon son entourage, de nombreux responsables nationaux ont appelé M. Vergès pour lui demander de différer sa démission. M. Dassault, 86 ans, conservera son titre de doyen si M. Vergès, d'un mois son aîné, ne siège pas.