Martine Aubry veut "inventer un avenir à la France"
Candidate à la primaire, Martine Aubry est à Toulouse ce soir et à Foix demain.
Est-ce pour relancer votre campagne que vous venez à Toulouse où vous comptez de nombreux soutiens ?
Je ne la relance pas, je la poursuis, tout simplement. Elle a démarré le 21 août, avec la lettre que j'ai envoyée aux Français, et depuis je vais dans chaque région pour expliquer aux Français qu'il y a un chemin pour sortir de la crise. Mon ambition est d'inventer un avenir pour la France. Je sens un vrai élan autour de mes propositions.
Vous semblez incarner le mieux le projet du PS. Cela ne risque-t-il pas de vous nuire après que la crise a rebondi le mois dernier?
Non. Au contraire, il est plus que jamais d'actualité. Mes propositions sont fondées sur l'idée qu'il faut bien sûr sortir de la crise, mais aussi attaquer aux racines du mal, sinon notre pays ira de crise en crise. Il faut instaurer un nouveau modèle de développement qui replace l'économie avant la finance, et qui crée des richesses avec une nouvelle compétitivité fondée sur l'innovation et la valorisation du travail et une mutation verte de notre économie. C'est ainsi que je veux redresser la France et lui redonner son poids dans la mondialisation. Parce que tout n'est pas possible tout de suite, j'ai fixé des priorités ; l'emploi, l'éducation, le pouvoir d'achat et la sécurité. Je redresserai les finances publiques par une grande réforme fiscale, la suppression des niches fiscales, et en réservant la moitié des fruits de la croissance et de la réforme fiscale à la réduction des déficits. L'autre moitié sera affectée au financement des investissements d'avenir.
Les autres candidats parlent aussi de réduction des déficits, d'emploi, d'éducation...
Mon projet, ce n'est pas simplement de bien gérer la France - c'est pour moi un évidence- .Je veux sortir la France de la crise et, en cinq ans, changer profondément la société pour que chacun vive mieux demain.
Si les socialistes gagnent en 2012 n'appliqueront-ils pas une politique de rigueur de gauche ?
Non. On ne réduit pas les déficits en inscrivant dans un texte une règle qui n'engage à rien. Ce n'est pas sérieux. Le sérieux, c'est d'agir tout de suite, et de le faire en s'attaquant aux racines du mal, le déficit financier, mais aussi les déficits d'emploi et de compétitivité. J'ai fait des propositions concrètes dès cet été pour y parvenir dans le cadre du budget 2012- et j'ai été la seule- : réduire le déficit en supprimant 10 milliards de niches fiscales, relancer l'investissement en modulant l'impôt sur les sociétés, et financer un plan d'emplois pour les jeunes par la suppression des subventions aux heures supplémentaires.
Face à Sarkozy, un ticket Aubry-Hollande dans un sens où un autre est-il possible ?
Je pense gagner la primaire et je ferai en sorte que l'ensemble des socialistes puisse contribuer à la victoire.
Vous participez à des émissions people. Vous fendez l'armure ?
Non. Je vais simplement partout où je peux expliquer mes idées. Les Français me connaissent. Ils connaissent mon expérience, ils savent que je ne change pas d'avis tous les jours, et ils savent que les décisions que je prendrai seront justes. Ca compte pour bien tenir le cap quand ça souffle, et il y en aura besoin en 2012 ! C'est cela que je veux leur dire.
A Toulouse et Foix
Réunion publique de Martine Aubry aujourd'hui à 18h 30, Halle aux grains à Toulouse. Demain matin, à Foix pour une rencontre avec les militants.