Le baromètre des Primaires sur Fonsorbes
Les 9 et 16 octobre: Salle du Trépadé de 9h à 19h! 1€ par votant (pas de monnaie rendue), une pièce d'identité, on s'occupe de vous!
Les Primaires Citoyennes, un choix opéré par les militants socialistes, reposent sur la principale particularité que le choix du candidat ou de la candidate du plus conséquent groupe de Gauche soit désigné par des sympathisants, des citoyens et non dans le cercle fermé des socialistes.
Toutefois, le processus de ce vote, pas toujours acquis par les adhérents, fait appel à une communication différente, qui sous entend deux composantes essentielles, à savoir le déroulement et l’organisation, mais aussi l’engagement pour un des six candidats avec de l’argumentation solide.
Dans ce contexte, au-delà des traditionnelles AG de sections et autres ateliers thématiques montés sur Fonsorbes ( les jeunes et la Laïcité, vivre et lutter face au cancer, le harcèlement dans l’entreprise…), il apparaissait intéressant d’aller au contact de la population Fonsorbaise afin de recueillir les impressions et les attentes de « Madame et Monsieur Toulemonde ».
L'éducation et l'économie au coeur des préoccupations
Marie est mère au foyer et regarde ces primaires avec un œil « inquiet ». « J’ai peur qu’après ces primaires, qu’ils se battent tous et laissent passer notre dernière chance de virer le pouvoir en place ». Elle se dit au lendemain du premier débat télévisé « très touchée et concernée par les propos d’Arnaud Montebourg, qui a parlé au peuple ». Elle apprécie que « Ségolène, trahie en 2007, et Martine représentent les femmes dans cette élection » mais regrette « que les Français ne soient pas encore prêts à avoir une femme au pouvoir ».
Daniel et son épouse, tiennent une boulangerie. « Pour nous, c’est incontestablement François Hollande ! ». Cet ancien syndicaliste, qui a lâché le monde de l’entreprise, regrette le départ de Mélenchon du PS, et voit dans la personnalité de Hollande « la possibilité d’exercer un pouvoir intelligent et qui adoucira les mœurs ». Et d’ailleurs il ne « comprend pas la guerre menée par Martine Aubry qui ferait une superbe première Ministre ». « On dit que Hollande va être austère, mais moi je sais que l’austérité il peut la pratiquer avec finesse en remettant l’homme au cœur du projet. Les petits patrons souffrent et pourtant c’est nous qui nourrissons l’économie. Lui l’a compris. »
Jean-Jacques, est ouvrier dans une entreprise de maçonnerie. Pour lui, le PS n’arrive pas à convaincre et il a du mal à se motiver pour aller voter aux primaires. Il en « veut à Jospin, à Aubry pour les 35 heures mal expliquées et mises en places, à Strauss Kahn pour l’image déplorable face aux ouvriers qui touchent comme lui 1200 € par mois avec un dos en vrac et une fille adolescente qui vit mal de ne pas pouvoir s’habiller comme ses copines ». « Aucun ne nous garantit qu’il va faire en sorte que je puisse soigner mes dents, que l’Europe va fonctionner. Aux Présidentielles je n’irai pas à voter Le Pen mais j’ai beaucoup de collègues qui font plus qu’y penser. »
Sylvie, quant à elle est enseignante. Elle a apprécié la main tendue par François Hollande pour la création de postes dans l’Enseignement « mais il ne faudra pas que des enseignants, tout le corps éducatif est en souffrance et plus du tout en phase avec la société. Notre métier est sensé être le plus beau du monde … ». Pour elle Martine Aubry « incarne trop l’appareil du parti socialiste », un parti que Sylvie a quitté déçue en 1993. « Depuis, j’ai toujours voté à Gauche, et le coup de grâce est tombé avec Lionel Jospin qui a dit que son programme n’était pas socialiste ». Depuis elle vote « écolo »… Mais ira voter aux primaires !
Les jeunes ne se sentent pas invités dans le débat
Kévin, lui est Lycéen à Fonsorbes. « On a du mal à ressentir qu’ils s’adressent à la jeunesse. Cet été j’ai découvert l’œuvre de Jaurès en vacances chez ma tante à Castres et je suis surpris que le PS ne mette pas plus en avant les idées de cet homme qui savait s’adresser il me semble à la jeunesse ». Mais celui qui le touche un peu, reste Arnaud Montebourg, « le seul qui parle d’un véritable changement de société », même si Kévin reconnait que c’est des fois « un peu utopiste ». Quant on lui demande si il irait jusqu'à s’engager au sein du parti socialiste, Kévin s’interroge et pense « qu’il n’aurait pas l’écoute nécessaire ». « Je côtoie des membres du MJS, mais j’adhère pas … on a l’impression d’être à l’école des futurs élus… ».
Clément, est étudiant en médecine. Pour lui, « la santé n’est pas assez au cœur du projet socialiste ». L’accès aux soins, certes évoqué, « mais avec quel argent ? ». « Quel plan pour sauver et faire briller la SECU ? ». En 2007, il était surpris « par les propositions courageuses de Ségolène Royal sur la question des dispensaires ». Une idée peu reprise dans les propositions pour assurer un relais après la casse des hôpitaux et des services de proximité. Le financement des études inquiète aussi… « Comme pour l’économie nationale, on commence avec une dette… ». Clément s’engage dans des associations humanitaires, « un dernier rempart contre les inégalités sociales et à l’échelle internationale. » Lui ira voter « Hollande par raison, pour la stature et la capacité à faire le consensus, la synthèse, car c’est le rôle d’un rassembleur dont la France et l’Europe manquent ».
Donner les moyens à l'industrie et aux collectivités territoriales
Marie-Christine a un poste très important dans l’aéronautique. Elle se dit « inquiète sur les positions économiques de certains candidats. L’aspect économie durable, l’avenir des entreprises et des collectivités territoriales, me semblent étroitement liés et le projet socialiste est flou en la matière». Elle qui a été élue municipale sur Paris, « ne reconnait plus les valeurs de la République inscrites aux frontons des Mairies ». Elle parle de « l’insécurité civile, qui va jusqu’à internet », elle s’inquiète sur les régimes de retraites, l’assurance de vieillir décemment, tout en ayant conscience que sa situation professionnelle lui confère une position de privilégiée. « Mais cette réussite professionnelle doit être un exemple prôné par le PS, et parfois j’ai l’impression d’être pointée du doigt. Les véritables riches ne sont pas les cadres, il existe un fossé avec ma situation. Et quand je discute avec une personne de sensibilité socialiste, j’ai l’impression d’être coupable de ma réussite professionnelle qui peut tout de même s’écrouler à tout moment ». Enfin cette chef de secteur, avoue « avoir énormément d’inquiétude pour l’école publique et laïque. Je continue à mettre mes enfants dans le public, mais je reconnais que parfois ça fait mal au ventre de voir le manque de moyens, même si en Haute-Garonne, nous n’avons pas à nous plaindre en matière d’infrastructures. Mais ce sont plutôt les programmes et les moyens qui m’offusquent ». Pour cette fille d’agriculteur, « l’accès à une véritable éducation sera la clé d’une société nouvelle ». Elle finit par dire timidement "qu'elle était pour Ségolène, mais que là il faut gagner, alors ce sera Hollande".
Sur un échantillon de 31 acteurs de la vie locale consultés, François Hollande semble se détacher dans les intentions de votes. Le principe des primaires semble pas mal compris, mais tous attendent de lire le futur tract distribué prochainement dans les boîtes aux lettres sur Fonsorbes pour se décider à aller voter. Beaucoup déplorent le manque d’engagement des élus de Gauche de la mairie, et que l’enjeu municipal n’a rien à voir avec celui des primaires.