Election de Pierre IZARD
Renouvellement triennal du Conseil Général. Discours d'investiture de Pierre Izard
Chères collègues, chers collègues,
En cet instant solennel pour moi, et parce que la vie politique est aussi faite d’amitiés sincères, acceptez que je veuille tout d’abord exprimer avec toute ma sincérité, ma profonde gratitude aux militants du parti socialiste qui m’ont conféré l’investiture pour la présidence du Conseil Général.
Cette même gratitude je l’exprime aussi aux élus socialistes, radicaux de gauche, communistes, front de gauche, écologistes et aux élus d’autres sensibilités, qui ont bien voulu me confier, à nouveau l’honneur de présider notre assemblée.
Je mesure la valeur de cette confiance. J’y puise l’énergie nécessaire pour porter la mission qu’il me revient de continuer d’assumer.
Je remercie le doyen Claude Roudière pour ses propos chaleureux qui démontrent, que les années n’altèrent ni le dynamisme ni l’enthousiasme, ainsi que notre benjamine Jennifer Courtois-Périssé, pour avoir veillé au bon déroulement de l’installation de notre assemblée.
A vous toutes et à vous tous, chers collègues, j’adresse mes vœux de cordiale bienvenue, ainsi que mes chaleureuses félicitations, à ceux qui retrouvent leur fauteuil, ce qui est toujours le signe d’un travail accompli avec sérieux qui appelle le respect.
Ces félicitations vont aussi aux nouveaux élus qui font leur entrée au Conseil Général : Ghislaine Cabessut pour le canton de Fronton, Jennifer Courtois-Périssé à Rieumes, Jean-Yves Duclos à Saint-Gaudens, Philippe Gimenez pour Saint-Martory, Patrick Jimena à Toulouse 13, Zohra El Kouacheri pour Toulouse 12, Christiane Larrieu à l’Isle-en-Dodon, Muriel Pruvot pour Castanet, Maryse Vézat à Rieux-Volvestre.
Je n’oublie pas les « remplaçantes » et les « remplaçants » qui ont joué un rôle essentiel aux côtés de leurs titulaires.
En parcourant du regard les rangs de notre assemblée, j’ai plaisir à souligner que le scrutin cantonal a confirmé l’évolution significative et régulière de la représentation féminine au Conseil Général avec 6 nouvelles élues, femmes.
Qu’ils aient fait le choix de favoriser le renouvellement, ou que les électeurs ne leur aient pas accordés leurs suffrages, je suis certain d’être l’interprète de tous, en vous invitant à partager nos sentiments les plus cordiaux à l’égard de nos collègues qui à l’occasion de ce renouvellement cantonal ont quitté le Conseil Général :
Louis Bardou, Louis Bonhomme, Francis Laffont, Joseph Lafuste, Jean Larrieu, Jean-Raymond Lepinay, Adolphe Ruquet, Bernard Sicard, Claude Touchefeu.
Je tiens à les remercier pour leur activité intense au sein de notre assemblée départementale.
Merci bien évidemment aux électeurs de la Haute- Garonne qui ont montré qu’ils nous faisaient confiance pour répondre à leurs besoins et qui ont émis je le crois, un très net message de reconnaissance du travail fourni par les élus du Conseil Général.
Ils ont dit aussi toute leur envie de les voir poursuivre les actions, les initiatives et les politiques départementales d’intérêt général, proches, efficaces, innovantes et solidaires qui fondent le socle fort de notre institution.
Comme beaucoup ici, ces messages et cette expression directe de nos concitoyens, nous les avons et je les ai entendus tout au long de la campagne électorale.
J’ai entendu leur révolte devant l’injustice fiscale, devant la course effrénée aux dividendes pour les actionnaires et les responsables des entreprises du CAC 40, quand l’écart de revenus entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important et que les salariés, les retraités, ne savent plus comment payer leur loyer, comment faire face à leurs dettes, comment se loger, bref comment « joindre les deux bouts ».
J’ai entendu la colère, l’espoir aussi, la volonté de résister, pour obtenir de meilleures conditions de vie, face au discours agressif sur les réformes à entreprendre, sur les sacrifices à opérer pour rentrer dans le rang d’une mondialisation soit disant inéluctable, sur la réduction présentée comme inévitable du service public et des droits sociaux si chèrement acquis par le Conseil National de la Résistance.
J’ai entendu les attentes, attentes de mieux-vivre, de protection, d’attention aux conditions de vie, à l’environnement, attentes en matière d’emploi, d’éducation, de logement, de déplacements.
J’ai entendu enfin la reconnaissance de nos concitoyens à l’égard des élus de notre assemblée pour avoir su, dans les six duels du deuxième tour qui les ont opposés aux candidats du Front National, faire barrage aux opinions et aux discours discriminatoires, antisocial et extrémistes.
Chers collègues, nous vivons une période difficile où derrière les mots de « crise » et de « récession », il y a l’ampleur de ces problèmes et de ces difficultés qui doivent plus que jamais nous interroger sur les valeurs portées par notre assemblée, pour conforter le socle premier et fondamental de notre projet politique global.
Nous vivons dans le même temps une période difficile, avec des menaces sur l’équilibre même de la planète et l’accélération d’une logique économique dont la seule perspective est le profit maximal.
Tout cela, chers collègues, doit nous renforcer dans notre conviction qu’il faut continuer :
- d’abord de traiter toutes les urgences sociales, dans le respect des valeurs de justice, de solidarité, de progrès pour tous, que notre assemblée s’est toujours appliquée à promouvoir ;
- bâtir ensuite un projet au service de l’intérêt général et de celui des générations futures, pour un avenir durable, plus fraternel et plus juste.
Dès lors, chers collègues, je pense que chacun d’entre nous saura trouver sa juste place, dans l’entreprise collective pour laquelle notre assemblée doit se mobiliser à ce moment si particulier que constitue, par ailleurs, la raréfaction de l’argent public provoquée par la réforme territoriale et celle des finances locales.
En effet, à l’heure où la réforme des finances locales et la réforme territoriale stigmatisent et entravent l’action de notre assemblée, nous démontrerons néanmoins la volonté et la capacité du Conseil Général de conduire partout en Haute-Garonne des actions audacieuses et offensives de proximité, au plus proche des réalités et sensibles à la vie quotidienne de tous, comme le demandent nos concitoyens.
Je veux placer cet objectif au rang de priorité pour les 3 ans à venir parce qu’il donnera tout son sens et toute sa cohérence à l’ensemble de nos politiques.
Pas un Haut-Garonnais ne devra en effet se sentir seul devant ses difficultés sociales ! Pas un territoire ne devra se sentir abandonné de la collectivité !
J’appelle donc de mes vœux une Haute-Garonne solidaire, une Haute-Garonne moderne, une Haute-Garonne durable !
Une Haute-Garonne solidaire.
Cette exigence nous impose, au regard du contexte économique et social dégradé, de poursuivre d’abord :
- une politique active autour de nos dispositifs sociaux originaux qui ont fait la preuve de leur efficacité, pour favoriser l’insertion, l’accès à l’emploi ou le retour à l’emploi, des personnes qui sont confrontées à la précarité et à l’exclusion.
- d’inscrire ensuite, le financement de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie au cœur de nos préoccupations pour les 3 ans à venir.
L’APA est l’un des grands progrès sociaux de notre époque, en considération du vieillissement de la population, de l’allongement de l’espérance de vie et de la précarisation croissante de beaucoup de retraités et de personnes âgées et de l’impossibilité financière d’assurer dignement leur fin de vie.
C’est le Conseil Général qui finance, pour le compte de l’Etat, l’APA ainsi que les aides à domicile, les aides sociales à l’hébergement, la téléassistance à 24 000 personnes âgées du Département à hauteur de 132 M€, avec une charge nette pour son budget de 88 M€ pour l’APA et une dette de l’Etat à l’égard du Conseil Général de
402 M€ depuis 2002, fallait-il le rappeler !
Comme vous le savez l’APA est actuellement l’objet d’un projet de réforme dont les premiers échos nous inquiètent.
Il s’agirait, d’une part, de faire payer les familles de façon plus importante, alors que l’APA est déjà attribuée avec parcimonie en fonction de la capacité des familles à prendre leurs personnes âgées en charge ; et d’autre part d’obliger nos concitoyens à prendre des assurances dépendance auprès des assureurs privés qui à l’évidence proposeront des produits dépendance à des prix et à des conditions d’assurance de la grande vieillesse, très différents que l’on soit riche ou pauvre !
Le Conseil Général du fait de sa compétence qui est en première ligne s’emparera de ce débat, sera une force de proposition pour combattre tout projet de marchandisation de la dépendance et exiger la mise en place d’un dispositif de financement, par la solidarité nationale ; le seul qui permette de préserver un accès universel aux prestations et une égalité de traitement, plutôt qu’une « pompe à profit » pour les grands groupes d’assurances privés !
Une Haute-Garonne moderne ensuite.
Je reste ainsi convaincu que le Conseil Général qui est sur la première marche du podium des donneurs d’ordre publics en Midi-Pyrénées avec plus de 400 millions d’euros de marchés publics devra conserver un niveau d’investissement important, traduction à la fois de notre volonté d’aménager le territoire, et de soutenir tous ceux qui entreprennent, en nous appuyant sur la dynamique des pôles de compétitivité, sur nos laboratoires, sur nos universités, sur notre agriculture…
L’avenir nous engage ainsi à croire plus que jamais à la primauté de la présence forte du Conseil Général sur le territoire départemental ;
- D’abord, en persévérant à renforcer notre offre de services publics départementaux, sociaux, éducatifs et culturels, techniques et de voirie, pour gagner encore plus en efficacité et répondre toujours mieux aux attentes de nos concitoyens.
- En continuant de proposer ensuite à l’ensemble des acteurs locaux, l’appui et l’expertise techniques des services du Conseil Général.
- En conjuguant nos efforts d’investissements avec ceux des communes et des intercommunalités, pour soutenir, proposer, imaginer et ainsi révéler un ensemble de politiques publiques, capables de porter un projet de développement partagé, solidaire, maîtrisé et durable du territoire.
A cet égard, nous devrons être extrêmement vigilants afin qu’au sein de la future Commission Départementale de la Coopération Intercommunale l’identité et la souveraineté démocratique des communes de moindre importance ne soient absorbées et finalement dissoutes dans des structures « mastodontes » inadaptées à leurs problématiques.
Nous devrons enfin continuer de développer des liens de coopération et des partenariats très étroits :
- d’une part avec la Région, avec la majorité régionale, avec son Président Martin Malvy, pour notamment mener à bien la rénovation de nos universités et le dossier de la LGV ;
- d’autre part avec la Ville de Toulouse et la Communauté Urbaine du Grand Toulouse et son Président Pierre Cohen, pour faire progresser les actions, les ambitions que nous menons en commun en faveur des déplacements et de la rénovation urbaine.
Une Haute-Garonne durable enfin.
Pour continuer de penser notre développement économique autour de logiques environnementales.
Que ce soit au niveau des SCOT ou de notre engagement à mettre en place un agenda 21 départemental, il s’agit là d’un travail de longue haleine qui va impacter l’ensemble de nos politiques publiques et dont les enjeux déterminants pour notre avenir doivent trouver des réponses politiques à la hauteur.
Dans cette perspective les positions courageuses déjà manifestées contre les projets de rocade et de nouvel aéroport tout comme celle en faveur du principe de précaution en matière d’OGM participent d’une stratégie d’action publique porteuse de sens.
Notre opposition au barrage de Charlas et nos propositions pour préserver, gérer et partager nos ressources en eau, témoignent aussi notre capacité à trouver des solutions durables.
Toujours mieux répondre à ces enjeux d’avenir nous mobilisera plus que jamais pour mettre en œuvre les principes déjà acquis localement en matière de fiscalité environnementale mais aussi, sur un plan plus large, à exiger du gouvernement l’organisation d’un véritable audit sur le parc nucléaire français, d’un débat et d’une réflexion approfondis sur la vision du nucléaire avec priorité absolue à la sécurité et au développement des énergies renouvelables.
Nous serons également très vigilants pour exiger la plus grande transparence autour du danger que représenterait pour l’environnement l’exploitation des gaz et pétrole de schistes.
Cette nouvelle logique de développement à laquelle nous voulons contribuer a besoin d’un Etat Républicain présent, actif, soucieux d’équité, de justice sociale, respectant ses engagements, tous ses engagements, en répondant par des actes concrets aux besoins des habitants.
Or que constatons-nous ?
Pendant que l’Etat se retire du champ de l’aménagement du territoire, nous dessinons le visage d’un département où la coexistence des réalités urbaines et du fait rural nous amène, chacun d’entre nous, à revoir nos modes de penser et d’agir et nous engage, à la place de l’Etat, sur de lourds programmes d’investissements destinés à moderniser nos infrastructures de déplacements et à développer le droit à des transports collectifs rapides et économes en énergie.
Pendant que l’Etat se retire du champ de l’emploi, nous investissons dans l’intelligence en rénovant le patrimoine immobilier de nos universités, nous accompagnons la création des emplois de demain en soutenant les créateurs d’entreprises innovantes, nous engageons des dynamiques en faveur d’une agriculture saine et de qualité qui permette aux producteurs de vivre décemment de leur travail.
Pendant que l’Etat se retire du champ de la solidarité, nous menons des politiques en direction des personnes âgées, des personnes handicapées, des jeunes qui peinent à trouver leur premier emploi, nous défendons un droit au logement dont l’Etat est de moins en moins le garant et par-là nous répondons présents à l’immense appel social qui n’a fait que grandir depuis la crise.
Pendant que l’Etat procède à des coupes brutales dans les effectifs et les moyens financiers nécessaires à un fonctionnement normal des établissements scolaires suscitant de notre part colère et incompréhension, nous continuons de croire qu’il n’y a pas d’avenir sans un service public d’éducation performant et nous aidons pour cela l’école républicaine laïque et gratuite à continuer d’être ce lieu d’intégration et d’émancipation qu’elle ne doit jamais cessé d’être .
Pendant que l’Etat retire ses aides aux emplois aidés, aux secteurs social, culturel et de l’éducation populaire, c’est notre collectivité qui soutient les associations de l’économie sociale et solidaire, régie de quartiers, centre sociaux, associations d’éducation citoyenne qui œuvrent pour l’intérêt général et démontrent qu’en matière de cohésion sociale et de qualité de vie d’autres chemins sont possibles.
Pour être au rendez-vous de l’intérêt général et de celui des générations futures, la Haute-Garonne a besoin plus que jamais d’un département qui s’oppose lorsque des projets hypothèquent les clés de son futur.
La Haute-Garonne a besoin d’un département qui se mobilise, innove, investisse pour l’avenir. Un département qui, dans bien des domaines s’est substitué à l’État et qui aujourd’hui est fortement pénalisé par une contre-réforme fiscale et territoriale, qui l’étouffe financièrement.
Nous avons géré avec intelligence et courage les effets désastreux d’une décentralisation précipitée.
Nous devons continuer à faire entendre notre voix pour dénoncer les politiques qui nous pénalisent et exiger du gouvernement qu’il paye la dette qu’il doit aux Haut-garonnais et qui aujourd’hui est évaluée à 595 millions d’euros.
Ces moyens nous manquent cruellement pour accélérer nos investissements et améliorer la vie quotidienne de nos concitoyens.
Nous devons donc plus que jamais faire le choix de la responsabilité et de l’efficacité au service de la solidarité et du développement durable de nos cantons.
Nous nous opposerons chaque jour davantage et avec la plus grande détermination à un Etat qui n’a de cesse de se forger un arsenal législatif pour affaiblir la proximité, réduire les partenariats entre les niveaux de collectivités, diminuer mécaniquement leurs capacités d’initiative et faire régresser la démocratie territoriale et la solidarité.
Nous n’aurons pas peur de continuer à faire entendre notre voix pour dénoncer les politiques qui nous pénalisent.
Telles sont les raisons pour lesquelles je continuerai à combattre vent debout, une réforme des finances locales et une réforme territoriale qui, si elles devaient être appliquées réduiraient notre capacité d’action, organiseraient le transfert des impôts vers les ménages et constitueraient un obstacle majeur aux investissements, au développement des solidarités, au détriment de l’activité économique et de l’emploi local.
Je veux à présent adresser un message à l’attention des personnels de notre collectivité.
Ils sont souvent la cible, et je le regrette, de cette même logique délétère que nous dénonçons à l’égard des services publics locaux.
Je veux leur redire ici ma confiance, comme j’ai pleinement confiance en la direction de notre administration pour continuer d’adapter le service public départemental, aux évolutions des politiques de notre assemblée.
Vous êtes les artisans de la politique départementale. C’est vous qui l’incarnez au quotidien et qui traduisez la proximité avec les Hauts-Garonnais que nous appelons tous de nos vœux.
Il serait en effet illusoire et dangereux de laisser croire que l’on pourrait libérer l’individu de la contrainte fiscale en pratiquant des coupe-claires dans les rangs du personnel départemental.
Je dis à nos agents qu’ils ne seront jamais la variable d’ajustement pour corriger la pression budgétaire qui pourrait peser plus encore sur nos épaules demain.
Je les assure de mon soutien et de mon engagement auprès d’eux pour continuer à les défendre et à les soutenir dans leur combat pour le maintien du statut de la fonction publique qui confère aussi à l’usager la garantie d’un service public de qualité et impartial.
Nous sommes manifestement dans une période où les espérances collectivistes ont disparu avec la chute du mur de Berlin, les espérances libérales avec la chute de grandes banques multinationales, et les espérances politiques sont aujourd’hui plus difficiles à mettre en œuvre.
Quand on n’a plus le champ des espérances, on exploite le champ des peurs et des humiliations, mais tout ceci n’apporte pas une espérance collective à laquelle chacun aspire ; et lorsque dans ce cas là on flatte les bas instincts, et bien c’est la porte ouverte au populisme et à l’extrémisme.
Parce que l’espoir a toujours été une des forces dominantes du progrès et de la libération des peuples, je reste donc convaincu qu’ici et maintenant nous devons, nous aussi, nous obliger de ressentir l’espoir comme notre conception de l’avenir.
« La République doit se construire sans cesse, car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir ».
A l’exemple de cette citation de Pierre Mendès-France, je vous invite, chers collègues, à vous saisir avec audace des responsabilités que vos électeurs vous ont confiées pour éclairer la route de l’égalité, de la générosité, du progrès et de l’espérance en Haute-Garonne.
Pierre Izard
Président du Conseil Général de la Haute-Garonne