Comparer les candidats sur l’enseignement supérieur et la recherche

Publié le par Socialistes fonsorbais

Amphithéâtre dans une université.

Les candidats et le Parti socialiste font de l’enseignement supérieur et de la recherche l’une de leurs priorités.

A l’unisson du projet socialiste, Martine Aubry et Arnaud Montebourg proposent d’organiser au lendemain de l’élection des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche pour remettre à plat les lois votées depuis 2007. Les deux candidats visent comme objectif que la moitié d’une classe d’âge arrive au niveau licence dans 10 ans.

Jean-Michel Baylet milite de son côté pour inscrire la question de l’enseignement supérieur dans le périmètre de son « Grenelle de l’Education » qu’il prône pour débuter la mandature.

 

Moyens financiers et humains

L’enseignement supérieur et la recherche sont l’une des priorités budgétaires des candidats : tous prônent une hausse des crédits publics. Manuel Valls insiste par ailleurs sur la nécessité de faire contribuer d’autres acteurs, comme les collectivités locales ou les entreprises. Seul impératif pour le candidat : que les financements publics restent majoritaires.

En ce qui concerne les recrutements, Martine Aubry et Ségolène Royal, dans la lignée du PS, évoquent un plan pluriannuel sur la mandature. François Hollande veut que les 60.000 postes qu’il propose de recréer dans le système éducatif bénéficient en particulier aux premiers cycles de l’enseignement supérieur. Arnaud Montebourg souhaite explicitement pour sa part créer 5.000 postes scientifiques.

 

Condition étudiante

En accord avec le PS, Martine Aubry, François Hollande et Arnaud Montebourg veulent mettre en place une allocation d’étude pour les étudiants. L’objectif : leur permettre de se consacrer en priorité à leurs études. La maire de Lille souhaite que cette mesure complète et remplace le système de bourses existant. Comme François Hollande, elle insiste pour que cette allocation soit sous conditions de ressources. Le député de Corrèze propose d’ajouter à ce diapositif un système de prêts publics, accessibles dans l’université et assortis de conditions de remboursement liées aux revenus du futur diplômé.

Jean-Michel Baylet souhaite pour sa part étendre le RSA à tous les jeunes de moins de 25 ans qui poursuivent des études. Il souhaite également que les étudiants aient accès à des crédits à taux privilégiés.

Manuel Valls veut quant à lui augmenter les bourses étudiantes et ouvrir ensuite seulement le débat sur une hausse « équilibrée » des frais d’inscription.

Martine Aubry et Arnaud Montebourg insistent par ailleurs sur une augmentation des logements étudiants. La maire de Lille rejoint l’objectif socialiste de créer 8.000 logements neufs par an sur la mandature. Elle veut aussi engager un vaste plan d’accès à la santé  et d’amélioration de la restauration.

 

Evolution du métier de chercheur

Les candidats veulent revaloriser le statut des chercheurs, notamment pour lutter contre la fuite des cerveaux à l’étranger.

Jean-Michel Baylet propose ainsi que l’octroi d’une bourse de recherche devienne la règle et non plus l’exception. Il souhaite également que les années de thèse et de post doctorat soient prises en compte dans le calcul de la retraite. Arnaud Montebourg veut quant à lui augmenter les crédits alloués au financement des thèses. Il compte aussi supprimer les « primes au mérite » et les remplacer par des dispositifs d’accélération de carrière. Le candidat souhaite également favoriser les évolutions de carrières des enseignants-chercheurs en-dehors de leur laboratoire d’origine ou vers l’administration et les entreprises privées.

Arnaud Montebourg et Ségolène Royal militent explicitement pour une hausse des rémunérations des chercheurs. La présidente de Poitou-Charentes souhaite également favoriser les passerelles vers le métier de professeurs.

 

Organisation de la formation

Pour lutter contre l’échec dans l’enseignement supérieur, notamment dans les premiers cycles, les candidats veulent réformer l’organisation de la formation.

Dans les premiers cycles, Martine Aubry et Ségolène Royal veulent que les étudiants aient accès à une véritable pluridisciplinarité. Manuel Valls milite pour un développement des doubles cursus et des passerelles entre les formations. Jean-Michel Baylet insiste sur le renforcement des formations en alternance dans le supérieur.

En accord avec le PS, la maire de Lille et Arnaud Montebourg proposent d’augmenter les heures d’enseignements pour la licence. Martine Aubry souhaite aussi mettre en place des petits groupes avec un accompagnement personnalisé pour offrir aux étudiants des premiers cycles les mêmes conditions qu’à ceux des classes préparatoires. Le président du conseil général de Saône-et-Loire prône lui aussi un meilleur encadrement et une diminution des cours en amphithéâtre qu’il juge inadaptés.

En matière d’orientation, il souhaite organiser des stages dans les universités au cours du lycée ainsi que des activités pédagogiques pour aider les élèves de terminale à choisir le cursus adapté. Il compte aussi mettre en place des entretiens entre les lycéens et des membres des équipes pédagogiques des formations qu’ils veulent suivre. Manuel Valls met quant à lui l’accent sur la professionnalisation des cursus universitaires. Il propose des stages et des modules de préparation à la vie active dès les premiers cycles, y compris dans les filières littéraires. Il souhaite aussi renforcer, dès la première année, la présence d’intervenants extérieurs.

Ségolène Royal insiste sur la nécessité des politiques d’orientation à mener dans les premiers cycles. François Hollande va plus loin et milite pour une « orientation ferme » à la fin  du premier cycle, pour orienter les étudiants vers des filières professionnalisantes qui conduisent toutes à un diplôme puis un emploi.

Le député de Corrèze veut aussi que les IUT soient réservés en priorité aux étudiants des bacs technologiques et professionnels.

 

Organisation territoriale

Universités, classes préparatoires, BTS, laboratoires : les candidats veulent rapprocher l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur et de recherche pour mutualiser les moyens. Ils souhaitent notamment développer les liens entre universités et grandes écoles.

Dans la lignée du PS, Martine Aubry veut construire des Réseaux territoriaux de la connaissance qui permettraient aux étudiants de passer plus facilement d’un établissement à un autre. Arnaud Montebourg prône de son côté la mise en place d’un véritable service public d’enseignement supérieur. François Hollande et Ségolène Royal insistent sur les liens à développer avec le tissu économique local.

 Autonomie des universités

Aucun des candidats ne souhaite revenir sur l’autonomie des universités. Ségolène Royal veut même « aller plus loin » : elle estime que la liberté est la condition de leur développement.

En accord avec le projet socialiste, Martine Aubry et Arnaud Montebourg souhaitent toutefois revenir sur la loi LRU. Le président de Saône-et-Loire dénonce notamment l’hyper présidentialisation des universités depuis la réforme. Les deux candidats prônent une nouvelle organisation fondée sur la démocratie et la collégialité.

 

Recherche

Les candidats veulent réorganiser la recherche en France. En accord avec le PS, Jean-Michel Baylet, François Hollande et Arnaud Montebourg insistent sur la nécessité de regrouper les établissements pour mutualiser les moyens  et de développer les synergies publiques/privées.

Pour ce faire, le président du PRG évoque la mise en place de pôles mondiaux d’excellence. Le député de Corrèze souhaite plutôt instaurer des plates-formes communes. Le président de Saône-et-Loire milite pour la mise en place de laboratoires mixtes entre des établissements publics et des entreprises.  Ségolène Royal souhaite pour sa part développer un plan « incubateur » à proximité des centres de recherche, afin de faciliter la création d’entreprise par les chercheurs.

Arnaud Montebourg compte aussi réformer l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur et mener une stratégie offensive sur les brevets. Ségolène Royal souhaite aussi favoriser le dépôt de brevets pour les PME.

A l’unisson du projet socialiste, Martine Aubry, Jean-Michel Baylet, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal et Manuel Valls,  veulent recentrer le crédit d’impôt recherche vers les PME. Manuel Valls et  Arnaud Montebourg  précisent leur souhait de l’affecter en priorité aux PME indépendantes des grands groupes. Le président de Saône-et-Loire milite aussi pour conditionner cette aide à l’embauche de « passeurs  de recherche » (docteurs en entreprises).

 

Le maire d’Evry propose pour sa part d’abaisser le plafond de dépenses, actuellement de 100 millions d’euros et qui ne concerne que les grands groupes. « L’ancien plafond de 16 millions d’euros qui était en vigueur jusqu’en 2008 n’était lui-même jamais atteint par les PME » précise Manuel Valls.

En contrepartie, il envisage de porter les taux de ce dispositif jusqu’à 50% pour ces PME indépendantes. Le taux est aujourd’hui égal à 30 % des dépenses de recherche inférieures ou égales à 100 millions d’euros, et à 5 % au-delà.

François Hollande se distingue et propose que le crédit d’impôt recherche soit attribué à toutes les entreprises, et pas seulement les PME, qui confient tout ou partie de leur recherche aux laboratoires universitaires et aux organismes de recherche publique.

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