Candidats à la primaire : ce qui les différencie

Publié le par Socialistes fonsorbais

portraits-des-candidats-primaires.jpg

Six candidats seront donc en compétition le 9 octobre au premier tour de la primaire socialiste en vue de désigner celui ou celle qui portera les couleurs de la gauche dans la course à l’Elysée. En dehors de l’image, de la « carte de visite », de la personnalité de Martine Aubry, Ségolène Royal, François Hollande, Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Jean-Michel Baylet, officiellement retenus par les instances du PS, qu’est-ce qui différencie ces six prétendants à l’investiture, étant entendu que tous promettent de respecter les grandes lignes du programme du parti élaboré en commun ? Voici ce qui les distingue.

 

 

 

François Hollande : « l’économiste »

Patron du PS de 1997 à 2008, il a affronté une tourmente qui fit courir un grave danger de dislocation. Ses détracteurs l’ont alors critiqué pour sa recherche systématique du consensus qu’ils assimilèrent à un tempérament « mou » ne sachant pas taper sur la table (notamment lorsque Fabius se prononça pour le non à l’Europe)… mais que ses partisans saluent pour être un homme de rassemblement, un « pacifiste » bienvenu en pleine guerre des courants. Cet énarque passé par la Cour des Comptes, conseiller économique de François Mitterrand à 26 ans, a exercé dans différents cabinets ministériels, sans jamais obtenir un maroquin. Son haut fait d’armes politique personnel fut ans doute d’aller défier les Chirac sur leurs terres avec leurs armes, et de s’y installer durablement en devenant député, puis président du Conseil général de la Corrèze au prix d’un énorme travail et de présence. Sa « spécialité » est incontestablement une grande connaissance des dossiers économiques et fiscaux, un atout pour celui qui prétend redresser la France. François Hollande, 57 ans, de sensibilité sociale-démocrate, place la jeunesse en tête de ses priorités, mais avant tout une grande réforme fiscale (et celle du SMIC).

Son site : http://www.françoishollande.fr

Soutien: http://www.repondreagauche.fr

 

Martine Aubry : les niches fiscales

Celle que l’on surnomme « la dame des 35 heures », 61 ans, ancien ministre du Travail de Mitterrand (1991-1993) et de l’Emploi sous Jospin (1997-2000), maire de Lille, à la tête du parti depuis 2008, s’est déclarée tardivement candidate, après que l’affaire DSK eût éclaté. Avant de remettre son mandat de première secrétaire, elle s’est beaucoup employée – avec efficacité, reconnaissent observateurs et militants – à « remettre au travail » un PS démobilisé et divisé après la défaite présidentielle de 2007, puis à rassembler les différentes sensibilités autour du projet 2012, ce dont personne ne peut plus douter. Certains lui attribuent aussi en grande partie l’ample victoire aux régionales, grâce aux accords conclus entre les deux tours. C’est elle qui a porté l’idée d’organiser la primaire. Soutenue par l’aile gauche du PS (Emmanuelli, Hammon, Fabius), par une fraction des strauss-khaniens (derrière Cambadélis), entretenant de bons rapports avec Cécile Duflot, chef des écologistes, Martine Aubry s’engage à prendre trois mesures immédiates si elle entre à l’Elysée : 1/ pour réduire l’endettement de la France, suppression de 10 milliards de niches fiscales sur les 70 milliards créés depuis 2002 ; 2/ pour relancer la croissance, on abaissera de 20% l’impôt sur les sociétés qui réinvestissent, notamment les PME, et on l’augmentera au contraire de 40% pour celles qui privilégient les dividendes ; 3/ ces mesures serviront à financer un plan d’action pour l’emploi de jeunes, ajoutées à la suppression des « subventions absurdes » des heures supplémentaires, afin de réduire le chômage.

Son site internet: www.martineaubry.fr

 

Ségolène Royal : l’ordre juste

L’ex-chouchou de François Mitterrand a déjà une belle carrière derrière elle (trois fois ministre), mais elle n’entend pas en rester là. Pas découragée par sa défaite à la présidentielle de 2007 – elle reconnaît aujourd’hui ses erreurs -, ni par des sondages défavorables, elle fut la première à annoncer sa candidature à la primaire citoyenne. Et depuis, elle mène une campagne sur le terrain tambour battant : on la voit et on l’entend partout cet été… La présidente de Poitou-Charentes s’appuie pour convaincre sur ses résultats à la région qu’elle considère comme un laboratoire d’idées et d’actions à reprendre au niveau national. L’électron libre du PS qui prend souvent publiquement des positions à contre-courant – ce que lui reproche notamment Martine Aubry – appelle néanmoins au rassemblement de toutes les tendances avec force. Et elle sait de quoi elle parle... Ses principaux thèmes de campagne : ordre juste, ordre social, un nouvel ordre international juste, démocratie participative, croissance verte. Ségolène Royal dit avoir réalisé ces quatre dernières années un énorme travail de fond sur la crise financière, bancaire et mondiale.

Son site : www.leblogdesegoleneroyal.fr

 

Manuel Valls : pour le renouvellement

C’est l’homme des polémiques, celui qui met les pieds dans le plat et sème la zizanie dans la famille socialiste dont il se démarque sur des sujets sensibles. Le jeune député-maire d’Evry (48 ans) milite tête baissée contre les éléphants pour le renouvellement du parti. Né à Barcelone, il a acquis la nationalité française en 1982. Manuel Valls joue souvent au picador : ainsi lorsqu’il brocarde violemment la volonté du PS de retourner à la retraite à 60 ans ou lorsqu’il affirme qu’il faut « déverrouiller les 35 heures », provoquant un fameux tollé dans les rangs du PS. Ses thèmes privilégiés : orientation libérale du PS, sécurité, responsabilité individuelle, pour un langage de vérité sur les finances publiques.

Son blog : www.valls.fr

 

Arnaud Montebourg : « démondialiser »

Autre quadra (48 ans) qui n’a pas « la langue à la poche », le député de Saône-et-Loire est le candidat qui se situe le plus à gauche sur l’échiquier socialiste. Proche des idées prônées par Jean-Luc Mélanchon, Arnaud Montebourg se veut le chantre de la « démondialisation » qui implique selon lui une « révolution industrielle verte ». Il est l’ennemi du libéralisme européen et pour un protectionnisme écologique de l’Europe.

Son blog : www.arnaudmontebourg.fr

 

Jean-Michel Baylet : la voix du PRG

Il est le seul candidat non socialiste à se présenter le 9 octobre. Le président du Parti radical de gauche (PRG) explique qu’il est là pour faire entendre la voix de son parti toujours fidèle à la gauche dans une consultation nationale. Il a préféré s’engager dans une primaire, plutôt que de se présenter à la présidentielle en solo, ce qui aurait risqué d’augmenter les chances de Marine Le Pen de passer le premier tour – un reproche entendu en 2007 à propos de Christine Taubira. « Ne pas présenter du tout un candidat radical n’aurait eu aucun sens », assène le sénateur et président du conseil général du Tarn-et-Garonne. Ses thèmes  majeurs de campagnes : la République, la laïcité, l’Europe fédérale. Jean-Michel Baylet se dit favorable à la création d’un gouvernement économique européen. Il a créé un « pôle radical et écologique » avec Génération écologie.

Son site : www.planeteradicale.org

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article