Billet: « Et si on avançait l’âge de la mort ? »

Publié le par Socialistes fonsorbais

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Nicolas Sarkozy et ses ministres godillots argumentent que la réforme des retraites est une bonne vraie réforme… puisqu’elle dérange autant de monde. Au diable qu’elle s’asseoit sur les notions élémentaires de justice sociale, sur les valeurs éprouvées qui touchent à la définition de ce qu’est une société juste et solidaire, qu’elle se heurte aux réalités du monde du travail actuel: l’important, c’est de déranger, pour ne pas dire « emmerder » tous ceux et toutes celles qui ne l’acceptent pas et l’expriment dans d’immenses défilés protestataires. La rue, les syndicats, la gauche, les salariés, les lycéens qui défilent loin des palais dorés du pouvoir ne pèsent pas lourd dans la balance face à un président « je-sais-tout » coupé du peuple, un gouvernement soumis, des parlementaires de la majorité qui en prennent « plein la tête » dans leurs circonscriptions mais aux ordres à Paris et aux « gens raisonnables », pour reprendre l’expression des voix de l’UMP. Ah! les gens raisonnables! Tous les camarades qui ont participé à des grèves, à des luttes sociales, en connaissent un échantillon, vous savez, ceux qui se cachent pendant la bagarre et qui sont les premiers à profiter des acquis à la sortie. Il y a aussi en ce moment chez les pour ceux qui ont voté Sarkozy et qui croient sincèrement avoir élu l’homme providentiel – nous respectons évidemment leur opinion, parce que nous sommes des démocrates. Mais franchement, vous en voyez beaucoup ces jours-ci dans votre environnement qui défendent l’indéfendable? L’indéfendable parce que cette réforme est mauvaise, pas besoin d’être économiste pour s’en convaincre. D’ailleurs, de nombreuses pointures de l’économie sociale l’affirment sans ambages : il fallait réformer, on le sait, mais en prenant du temps, voire des années, pour mettre le système actuel à plat, écouter toutes les parties, chiffrer, modéliser... enfin bref, faire du bon boulot. Mais 2012, c’est bientôt et le candidat Sarkozy avait promis une réforme, quitte à ce qu’elle soit bâclée – une de plus, mais que restera-t-il de son mandat ? – et condamnée à l’avance. Car les spécialistes lui prédisent de ne pas dépasser le seuil de 2020.

Il existe une solution imaginée par le dessinateur Vidberg dans Le Monde. Le caricaturiste met en scène Fillon et Sarkozy. Le premier avance : « Si on ne peut pas reculer l’âge de la retraite, la solution serait peut-être d’avancer l’âge de la mort ». Et Sarkozy de rétorquer : « J’y ai pensé, qu’est-ce que tu crois, mais le Sénat n’acceptera jamais : ils sont trop concernés ». Il faut bien rigoler un peu.


                                                               

 

  Alain Buisson

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Publié dans National

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